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Lifestyle

7 idées de cadeaux afros pour la dernière ligne droite avant Noël

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C’est la dernière ligne droite pour faire vos cadeaux si vous souhaitez être livré à temps et que vos cadeaux soient sous le sapins. Grâce à Internet, offrir des cadeaux qui nous ressemblent est désormais accessible. Nous avons sélectionné une vingtaine de produits faits pas des personnes afros: entrepreneurs, écrivains, artistes.

1. Le pack de soins OJU-WA pour hommes noirs et métis

Oju-Wa est une marque de soins pour hommes noirs et métis qui puise son inspiration dans la culture urbaine. Mamadou en lançant sa marque, a mis les petits plats dans les grands. La marque propose un matifiant, un nettoyant et une crème hydratante. Le tout a été spécifiquement pensé pour nos peaux. Oju-Wa est la seule marque de ce billet avec qui j’ai mis en place un code promo. Pour bénéficier de -25%, retrouvez le code ci-dessous.

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Attention, le code expire dans le 21 décembre:   [wpcd_code id=8070]

2. Le livre « Noir: Entre peinture et histoire »

Ecrit par Nail Ver-Ndoye et Grégoire Fauconnier, Noir: entre peinture et histoire est un ouvrage qui revisite l’histoire de l’art à travers la représentation des Noirs dans la peinture européenne, du XIVe au milieu du XXe. Cliquez-ici pour acquérir l’ouvrage.

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3. Le Kit rituel de soins Noir Ô Naturel

Noire Ô Naturel est un monument sur le marché du cheveu crépu. Je parlais déjà de la marque à l’époque, lorsque je bloguais sous le pseudo Blingcool et que je rédigeais les « Chronique de l’Entrepreneur Afro », il y a dix ans. C’est une des rares marques dans ma sélection qui existe toujours.

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2. Le livre pour enfants « Comme un million de papillons »

Laura Nsafou est une auteure française de romans et de livres afro-française que je connais plus sous le pseudo de Mrs Roots. D’ailleurs, elle a réalisé une interview de moi lors de ma campagne de crowdfunding pour mon (ancienne) marque Bledardise.

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5. Le Tchip, le jeu

Trois trentenaires d’origine antillaise et africaine, Mélanie Wanga, Kévi Donat et François Oulac se retrouvent et débattent, un vendredi sur deux, dans la bonne humeur des frasques de Kanye West, d’appropriation culturelle ou encore de la dernière saison d’« Insecure ».
C’est la présentation de l’équipe derrière ce jeu qui sortira en février 2020. La campagne de crowdfundung est terminée mais, vous pouvez toujours pré-commander le jeu ici.

6. Une carte cadeau AFRIKREA

AFRIKREA est LA place de marché du « Made In Africa », et particulièrement des produits en wax. Ils proposent des cartes cadeaux à 1o euros, 20 euros et 50 euros.

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7. Anyotas, Le jeu de rôle inspiré des mythes et légendes africaines.

Les anyotas ou « hommes-léopards » sont les membres d’une société secrète qui a sévi au Congo alors que la Belgique occupait le pays. Ces véritables « espions » étaient réputés pour leurs crimes rituels dans le but de se venger et fascinaient par leur habilité. « Profitez de ces moments de divertissement pour découvrir un bout de la culture africaine au travers des lieux et personnages du jeu. » Comptez entre 15 et 25€ pour (vous) offrir le jeu. J’ADORE le concept.

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Société

« Les Kenyans sont faits pour la course » … et autres idées reçues sur les Noirs et le sport

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Le milieu ne détermine pas uniquement la manière d’être ou de faire de l’humain. Il modèle également ses attributs physiques. Avez-vous remarqué les doigts fins et effilés du pianiste ? La musculature harmonieuse du gymnaste artistique ? Les épaules et les mollets du basketteur ? L’activité pratiquée nous formate à son tour.

C’est quand j’ai pris connaissance du Commerce des esclaves, à l’école, au Sénégal, que j’ai commencé à m’intéresser à la question raciale. Ses effets se font encore sentir aujourd’hui, comme un cancer incurable. Au-delà des innombrables victimes, les Noirs eux-mêmes se sont mis à croire qu’ils sont inférieurs. Ce complexe d’infériorité est à l’origine de nombreux combats menés encore aujourd’hui par des intellectuels noirs.

Cette supercherie qui a servi à l’exploitation de l’homme par l’homme m’a toujours habité et révolté. Ce n’est que 30 ans plus tard que j’ai accepté d’écrire à ce propos dans la revue Humanities, pour parler de mes hantises. Spécialiste en sciences du langage, mes recherches sont orientées vers la didactique, la linguistique comparative, l’analyse du discours et la communication.

Les Noirs ont-ils le basketball dans le sang ?

Si les quartiers noirs regorgent de virtuoses du basketball, c’est parce que ce sont les exemples de succès dans ce domaine qui leur sont présentés comme modèles de réussite. Or si le basketball est si « Noir », que faire de l’excellent Jason Williams, surnommé White Chocolate ? Meneur de jeu dans la NBA de 1998 à 2011, cet excellent passeur s’approprie avec brio un style de jeu dit « playgroung » typique des ghettos. On dira « il joue comme un Noir, mais il est Blanc ».

Vous n’aimez pas le style fantaisiste ? Allons vers le plus « classique », l’approche épurée, et terriblement efficace, de Larry Bird, Jerry West ou encore Steve Nash tous des Blancs et maîtres des fondamentaux du jeu. Le basketball n’est pas une question de couleur de peau. Ces joueurs ont simplement grandi dans un environnement propice.

Mais les stéréotypes ont la peau dure. Ils résistent et persistent malgré tout. Le film culte White men can’t jump, en 1992, n’a pas pu changer grand-chose. Il relate l’histoire d’un ancien basketteur professionnel blanc qui se fait une fortune en misant et en défiant des joueurs de rue noirs qui se surestiment et dévaluent les compétences des individus blancs, du simple fait de leur couleur de peau.

Non, les Noirs ne sont pas « nés pour courir »

La course n’est pas la chasse gardée des athlètes noirs. Que ce soit pour la vitesse ou l’endurance, les populations issues de milieux défavorisés (généralement noire) y ont du succès simplement parce que c’est accessible (il suffit d’avoir une bonne paire de jambes). Prenons le cas du soccer comparé à l’escrime. Dans les plaines africaines ou les villes sud-américaines, pour jouer au soccer, il suffit de morceaux de tissus enroulés (le ballon) et de quatre morceaux de bois qui servent de poteaux pour les buts. Pour l’escrime, au-delà de l’idée élitiste qui lui est attribuée (les mousquetaires), ce sport requiert un équipement qui n’est pas accessible aux populations à faible revenu.

Il n’existe pas de prédisposition chez le Noir pour le sprint, ou pour la course d’endurance. Il est faux de dire que les Kenyans, par exemple, sont nés pour faire le marathon. Des études montrent que l’altitude et la rareté de l’oxygène des plateaux de l’Afrique de l’Est entraînent leurs poumons à se suffire de moins d’air. Par conséquent, lors des compétitions dans les plus basses altitudes (le reste du monde), ils sont avantagés.

La science a clarifié bien des choses, mais elle a aussi contribué à colporter des mensonges. Rappelons que Hitler avait quelques théories construites de toutes pièces pour valider ses idéologies racistes. Ces théories (la race aryenne, de type nordique, est au sommet de la pyramide humaine. Les Noirs ne figurent même pas dans cette échelle de hiérarchie) se sont effondrées comme un château de cartes lors des Jeux olympiques de Berlin de 1936 avec les quatre médailles d’or de l’athlète noir Jesse Owens. Contrarié, Hitler a quitté le stade pour ne pas serrer la main de cet individu noir discriminé dans son propre pays, les États-Unis.

Mais même en 2003, des scientifiques ont voulu faire croire que les Noirs avaient un « gène du sprint » qui les aidait à mieux tenir la vitesse !

La logique derrière ces stéréotypes est que si un Noir réussit, c’est qu’il a une prédisposition physique, et si un Blanc réussit, c’est le fruit de son dur travail.

Les sœurs Serena et Venus Williams ne sont pas devenues championnes de tennis par hasard. Ce sont les résultats d’années de discipline et de travail acharné. Sur cette photo, elles jouent leur dernier double lors de l’ouverture du US Open, le 14 septembre 2009 à New York. Shutterstock

Le secret ? L’entraînement

Pensez-vous que l’olympien Haile Gebreselassie soit devenu champion de longues distances par la grâce biologique ? Il faisait plus de 10 kilomètres au pas de course durant son enfance, les jours d’école, pieds nus, en Éthiopie, avec le facteur de la rareté de l’oxygène. Cette pratique est d’ailleurs devenue une tradition dans cette partie du monde pour les sportifs qui rêvent de succès.

Demandez aux sœurs Williams comment elles ont dû travailler pour devenir ce qu’elles sont ? Et avez-vous pu observer le programme de conditionnement physique de Lebron James ? Demandez aussi à Ervin Johnson comment il a fait pour mériter le surnom de Magic ? Allez voir comment Sharp Shooter, (Ray Allen), s’y est pris pour révolutionner le tir à 3 points en basketball ?

Le fait est qu’une frange de la population défavorisée et noire, du fait d’une propagande historique, est cantonnée au sport (ou à la musique). Et ils se battent bec et ongles pour réussir. D’où un investissement colossal. C’est une question de mentalité, sur les plans gouvernemental ou personnel. Le Kenya et la Jamaïque en ont fait une politique nationale. Ce n’est pas mauvais en soi, mais ces investissements doivent être élargis à d’autres sphères d’activité.

Des sports de Blancs ?

Certains sports requièrent plus de moyens, et offrent peu de modèles aux franges plus défavorisées, qui se trouvent souvent à être noires. Voilà comment s’opère la sélection.

Que faire de Tiger Wood, si le golf était un sport de Blancs ? Et le tennis ? S’il était si blanc, il n’y aurait sûrement pas eu Gabriel Monfils, Yannick Noah et, avant eux, le légendaire Arthur Ashe.

Si le patinage ne pouvait être noir, où placer l’étoile Surya Bonaly ? Si le hockey était blanc, que faire de Pernell Karl Subban ? Tout cela n’a rien de biologique. C’est un contexte économique favorable, doublé d’une croyance sociale bien acquise et assise, qui explique leurs succès.

Le bagage génétique des Afro-Américains

Et si certains persistent à propos des qualités athlétiques des Noirs des États-Unis, concédons-leur que cela aurait pu avoir quelques origines génétiques. Leurs ancêtres, vendus comme esclaves, étaient choisis selon une minutieuse sélection pour leurs atouts physiques.

Si cette réflexion est plausible, elle reste à prouver. Notez que dans le basketball, moins de trois joueurs sur 1000 se rendent jusqu’à la NBA. Le plus haut taux de participation de Noirs dans le circuit a été durant la saison 94-95, avec 72 % d’athlètes noirs. Autrement dit, il y en avait bien 28 % non issus de la communauté noire.

Par ailleurs, les joueurs professionnels noirs qui arrivent à entretenir leur fortune après leur carrière sont peu nombreux. Les sportifs qui négligent les études pour se jeter corps et âme dans le sport voient leurs gains (non investis adéquatement) brûler comme un feu de paille. Plus de 60 % des joueurs NBA déclarent faillite moins de 5 ans après leur retraite. C’est la différence entre Shaquille O’Neal et Allen Iverson. Le premier a tenu à finir ses études universitaires (PhD), et est chef de plusieurs entreprises. Le second qui a cumulé des gains de plus de 200 millions $ dans le courant de sa carrière, a dû être mis sous restriction bancaire après avoir dilapidé la majeure partie de sa fortune avant la fin de sa carrière.

Aucun groupe social ne doit ni ne peut se payer le luxe de ne pas s’éduquer. Cela vous rattrapera tôt ou tard, comme un boomerang.

Ma fille et mon fils, depuis l’âge de cinq ans, ne voient pas du « blanc » et du « noir ». Pour eux, il y a des gens beiges et des gens bruns. Ils refusent de rentrer dans le moule de la stéréotypie et des extrêmes. D’ailleurs, en art plastique, le noir et le blanc ne sont pas des couleurs, mais des valeurs ! Qu’en sera-t-il demain ?

Dalla Malé Fofana, Chargé de cours , Linguistique, Sciences du langage et Communication, Bishop’s University

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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Sport

Ce que Kobe Bryant m’a appris

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J’ai beaucoup hésité à parler de Kobe Bryant, mort dans un accident d’hélicoptère il y a un an. D’abord, je ne savais où commencer, tant les apprentissages à tirer de sa vie sont grands. Mais je vais essayer d’y aller simplement, sans le faire sous le filtre de ma propre culture ou spiritualité, de sorte que tous les lecteurs et lectrices puissent entendre ce que j’ai à dire.

Je veux toucher à ce que nous avons, tous et toutes, en commun, dans notre condition humaine.

Quand nous étions jeunes, au Sénégal, nous aimions Bob Marley. Cela suscitait la réprobation de certains, car Bob Marley n’avait pas les mêmes valeurs spirituelles que nous. Nous étions, en effet, bien loin de sa religion, et du mouvement rastafari. Mais ceux, parmi nous, qui en avaient le discernement, ont pu tirer de cette admiration des points positifs indéniables : apprendre une nouvelle langue (l’anglais), refuser la domination, et l’esclavage mental (« Emanticipate yourself from mental slavery »)…

J’ai ensuite grandi avec l’esprit et l’exemple de Kobe. Nous l’émulions tous, et il nous inspirait, de l’autre côté de l’Atlantique. En repensant à sa vie, je me dis qu’en général, c’est après leur carrière sportive professionnelle que les grands athlètes révèlent et exposent certains aspects de leur vie. Par contre, pour lui, je sais juste que sa vie a connu un tournant, sous l’aile de Phil Jackson, The Zen Master, le mentor de Michael Jordan. Star à 16 ans, Bryant avait de quoi prendre la grosse tête, et était bien difficile à gérer. Phil Jackson l’a aidé à se recentrer et à s’assagir.

Je suis aujourd’hui romancier et chargé de cours en linguistique, éducation et analyse du discours à l’Université Bishop et à l’Université de Sherbrooke. Je suis spécialiste en sciences du langage. Je garde toujours en tête la détermination de Kobe Bryant, l’homme et l’athlète, cinq fois champion de la NBA et deux fois médaillé d’or olympique.

Le basket-ball comme métaphore

Le basket-ball a toujours été mon sport préféré, à regarder comme à pratiquer. Ce jeu correspondait à ma sensibilité d’artiste. Le basket-ball est un art en mouvement, dans le style, l’habillement, l’expression du corps, le shoot, la forme du poignet après le shoot, l’harmonie musculaire… Un équilibre entre la force et la finesse. La force, pour se libérer des contraintes de l’adversaire ; la finesse au lancer de la balle ; l’abandon et l’espoir quand la balle flotte et vrille dans l’air vers le panier. Une belle leçon de force, et d’équilibre. Une leçon pour tout humain : riches, pauvres, chanteurs, politiciens, techniciens, scientifiques… L’expérience peut être différente. Mais l’essence reste la même.

Par la suite, dans ma vie, j’ai revu mes priorités. Ma vision du monde a considérablement changé. J’ai dû abandonner beaucoup de choses… Et du basket-ball, j’en ai gardé le côté divertissement. Je suis les matchs, de temps en temps, pour décompresser. Mais j’ai conservé la motivation, une motivation assez forte pour mettre un équipement, attacher mes chaussures, et aller sur un terrain, se dégourdir le corps. Comme dit Robert Jones, maître en art martial et préparateur mental, « Train the mind and the body will follow ». Le corps a besoin de l’esprit, et l’esprit a besoin du corps, une interdépendance fondamentale.

La mentalité du Mamba

De Kobe Bryant, le Mamba noir, comme on le surnommait, j’ai toujours admiré le souci du détail, l’envie du dépassement, le sens de l’observation, la culture de l’excellence, le refus de la tricherie. L’humain est une source de potentialité inouïe. Il avait cultivé, à son paroxysme son « Drum Major Instinct », cette flamme que chaque humain abrite dans le ventre, et que Martin Luther King jr. appelait à canaliser, afin qu’elle nous éclaire et nous serve, à la place de nous consumer…

Kobe Bryant au sommet de son art, lors d’une partie des Lakers contre les Indiana Pacers, à Los Angeles, le 4 janvier 2015. AP Photo/Mark J. Terrill

Alors qu’il était encore une recrue chez les Bobcats de Charlotte, en 2009, Kobe Bryant a dit aux techniciens, avant un match, qu’un des paniers n’était pas au point. Les officiels étaient formels. Les paniers avaient été vérifiés, comme avant chaque début de match, selon le protocole établi. De plus dans la NBA, les panneaux étaient dans une condition infaillible depuis qu’un géant nommé Shaq (Shaquille O’Neal) s’est amusé à les démolir, en s’accrochant dessus. Devant son insistance, les officiels se sont résolus à refaire le contrôle. Le panier était effectivement de travers, de quelques millimètres.

Cette acuité de l’observation et de l’analyse est, au final, le propre de l’humain. Chacun de nous l’a. Et il lui appartient de la raffiner, de la nourrir et de l’entretenir dans son domaine de prédilection.

Maintenant, la question est : dans quelle direction exercer cette perspective, où dépenser cette formidable énergie ? Dans quel but ? Être intransigeant dans l’exercice de ses activités, autant que dans le choix du ou de ses champs d’activités. Et faire preuve de constance, surtout, pour ne pas (s’) oublier. Parlant de la condition humaine, l’oubli est un fait si inhérent à notre déterminisme, car il nous aide à ne pas saturer, que dans la littérature orientale, l’humain est appelé « l’oublieux ».

Un homme rend hommage à Kobe Bryant et à sa fille Gianna, devant une peinture murale de l’artiste Louie Sloe Palsino, le 26 janvier 2021, à Los Angeles, un an après leur mort dans un accident d’hélicoptère. AP Photo/Jae C. Hong

Juste après la fin d’une carrière exceptionnelle, alors qu’il s’apprêtait à relâcher, élargir ses horizons et parfaire la préparation de sa fille, basketteuse, il meurt, avec celle-ci, dans un accident d’hélicoptère, le 26 janvier 2020, à Calabasas, en Californie.

L’idée de la mort semble être un sujet démodé, réservé aux vieux philosophes du passé : Sophocle, Kant, Ésope… « Et pourtant », comme aurait pu dire l’illustre Galileo Galilei. Elle, la mort, est encore bien jeune, et vivante. Doit-on arrêter de se poser une question (celle de la vie, de la mort) si la réponse à cette question est nécessairement insatisfaisante ?

Dalla Malé Fofana, Chargé de cours , Linguistique, Sciences du langage et Communication, Bishop’s University

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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Fooding

Que signifie être végétalienne (végane) et noire dans la vie de tous les jours

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Sans trop réfléchir, pour vous, à quoi ressemblerait un groupe de «végans»? A vrai dire, il n’y a pas de bonne réponse, mais je parie que l’image que vous vous faites du «véganisme» est essentiellement (sinon exclusivement) blanche. Le commun des mortels a encore tendance à penser que les végans sont essentiellement des blanc·h·es privilégié·es. Ce qui n’est pas totalement faux puisque c’est un mouvement traditionnellement «blanc»le véganisme, et non le fait de ne pas consommer de viande –  et que les blanc·he·s y sont majoritairement représenté·e·s. Mais quand on y pense, en quoi l’origine ethnique aurait-elle quelque chose à voir avec les préoccupations liées au sort des animaux?

J’étais déjà végétalienne bien avant que le sujet ne se transforme en « marronnier » dans la presse et ne devienne en quelque sorte H.Y.P.E. D’abord parce que je n’ai jamais été une grande adepte de viande, mais surtout parce qu’au fil des années, je suis devenue de plus en plus sensible aux souffrances qu’endurent les animaux.

Être noire et végane ou afro-végane, qu’est-ce que cela implique pour moi au quotidien?

C’est ne pas manger de viande mais concilier avec le fait que la viande fasse partie intégrante de ma culture.

Mes parents sont originaires d’Afrique de l’Ouest. S’ils ont toujours bien accepté le fait que je doive adapter le Tiep, Yassa ou Mafé à mon mode de vie soucieux de la cause animale, je dois en revanche souvent me résigner à accepter le fait que l’élevage, l’abattage et la consommation d’animaux constituent une part importante de ma culture. La viande joue un rôle important dans le régime alimentaire de ma famille, dans notre culture, religion et même économie puisqu’elle permet à une grande partie de ma famille, au Sénégal et au Mali, de vivre. Et c’est le cas dans beaucoup d’autres familles aussi bien en Afrique qu’en France, même si à l’époque de nos grands-parents, la viande était surtout réservée aux grandes occasions ou aux familles plus aisées.

Aujourd’hui, il est irréaliste de croire que la majorité des Africains abandonnera la viande. Ce qui ne m’empêche pas de les initier à remplacer la viande par des légumes ou légumineuses dès que j’en ai l’occasion.

C’est concilier deux luttes et les faire se chevaucher.

SCOOP – Être végan·e c’est pour les privilégié·e·s. Mais le privilège n’est pas toujours financier et peut être social: si vous avez l’opportunité de faire passer la vie et les besoins des animaux avant ceux de votre communauté ou du moins les personnes qui vous ressemblent, c’est un privilège en soi. Comment par exemple sensibiliser un jeune à la cause animale et aux droits des animaux quand lui-même se fait encore contrôler au faciès par la police? Quand lui-même se fait encore suivre dans les rayons de supermarchés par la sécurité? Quand ses idoles footballeurs se font en permanence déshumaniser dans les tribunes avec des cris de singes ou de des jets de peaux de bananes?

Lutter contre le racisme est éreintant. Tant que les noir·e·s n’auront plus à se soucier de leur bien-être en permanence, beaucoup d’entre nous auront vraisemblablement du mal à s’occuper du bien-être des autres même s’il est parfaitement possible de concilier deux luttes. Pour bon nombre d’entre nous, se battre pour les droits des animaux alors même qu’à travers le monde, les nôtres sont toujours bafoués semble très paradoxal. Nous devons encore affronter tous les jours racisme institutionnel, discours anti-immigrés et micro-agressions. Aussi, bien que ça me chagrine, je comprends souvent lorsque je rencontre des personnes qui me répondent que «les africain·e·s et les noir·s en général, ont d’autres problèmes à gérer».

C’est être confrontée aux parallèles douteux des défenseurs les plus radicaux de la cause animale

En février 2017,  «269Life Libération animale», une association qui se définit comme «antispéciste et abolitionniste reposant sur un activisme offensif et usant de la « désobéissance civile » comme stratégie» a créé un événement Facebook pour une action en préparation «dans le cadre de la journée commémorative de l’esclavage», le 10 mai. L’idée: mettre sur le même plan la fin de l’exploitation animale et l’abolition de l’esclavage. Devant les protestations, l’association a fait marche arrière et reconnu une «maladresse».

Ce cas de figure, heureusement isolé en France, est malheureusement répandu chez les anglo-saxons où les végans blancs les plus radicaux affichent sans désinvolture leur racisme, en comparant l’esclavage des noir·e·s avec la maltraitance des animaux ou en trollant le mouvement #BlackLiveMatters. Cela montre à quel point beaucoup de personnes sont encore déconnectées de l’expérience des noir·e·s.

Il est encore difficile pour beaucoup de comprendre d’une part que le racisme est bel et bien réel et contemporain, et d’autre part qu’il est possible de se soucier à la fois du bien être des noir·e·s et des droits des animaux, ce que les nombreux végétaliens noirs font par défaut.

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