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Dans son prochain film, le réalisateur de Moonlight met le Black Love à rude épreuve

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Lors d’une présentation à l’Essence Festival, qui s’est tenu à La Nouvelle-Orléans début Juillet, Barry Jenkins, le réalisateur oscarisé de Moonlight, a partagé deux extraits de son prochain film, Si Beale Street pouvait parler (dont on n’attend toujours le trailer avec impatience).

Si Beale Street pouvait parler est une adaptation du roman éponyme de James Baldwin, sorti en 1974. Le scénario raconte  l’histoire de Tish, une jeune fille de 19 ans amoureuse de Fonny, un sculpteur noir dont elle tombe enceinte. Accusé d’avoir violé une femme porto-ricaine, Fonny se retrouve derrière les barreaux. Tish se lancer alors dans une vaste campagne pour le faire libérer.

Le film est une célébration de l’amour raconté à travers l’histoire d’un jeune couple, leurs familles et leurs vies. L’acteur Stephan James, qui joue Fonny, a déclaré : « Quand j’ai d’abord lu le scénario, ça m’a rappelé Roméo et Juliette. L’amour est au centre du film. »

Comme pour Moonlight, Jenkins a choisi des actrices et acteurs encore peu connus du grand public, tels que Regina King, Brian Tyree Henry ou encore Kiki Layne, pour interpréter les principaux personnages de l’histoire.

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Ecrans noirs

Et si «Us» était une métaphore complexe de la santé mentale des Noirs

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Cet article a été traduit et adapté de l’article de Aaron Barksdale pour Vice Magazine.

En mars 2019, le réalisateur Jordan Peele – à qui l’on doit le film primé aux Oscars, Get Out – faisait son retour sur grand écran avec Us, un film qui aborde la notion de moi multiple, de clone, de jumeau maléfique. En tant que tel, il pourrait être considéré comme une métaphore de la santé mentale, en particulier au sein de la communauté noire.

L’intrigue se concentre sur Adelaide Wilson (Lupita Nyong’o), qui, enfant, a eu une rencontre fortuite avec un méchant doppelgänger (double maléfique) lors de sa visite dans un parc d’attractions au bord de la plage. Des années plus tard, à l’âge adulte, elle, son mari et leurs deux enfants retournent dans leur maison d’enfance pour des vacances d’été. L’intrigue complètement barge s’ensuit après que quatre êtres malveillants qui s’appellent eux-mêmes «Tethered» et semblent identiques à la famille Wilson envahissent leur maison. Le film prend une tournure psychologique qui se termine avec un Twist final assez troublant.

Get Out qui traitait remarquablement du racisme et de la négrophobie, s’adressait surtout à un public noir tout en divertissant le regard blanc. Us adresse une message plus universel en traitant de la dualité de la nature humaine. Chaque personnage du film, quelle que soit son origine ethnique, a son double maléfique. A la fin du film, on apprend notamment que ces doubles sont tous des clones créés dans le cadre d’une expérience infructueuse du gouvernement et qu’ils ont été abandonnés dans les tunnels souterrains à travers le pays.

Ces doubles peuvent être analysés comme une représentation physique des peurs des personnages, de leurs angoisses et de leurs instincts les plus bas. Traiter des manifestations des démons intérieurs est une expérience à laquelle n’importe qui peut s’identifier, sans distinction de race. Cependant, il serait peu avisé d’ignorer le fait que les personnages principaux sont une famille afro-américaine ou de supposer que tous les problèmes de santé mentale sont les mêmes d’un groupe ethnique à un autre.

La famille Wilson incarne un type de personne noire que l’on ne voit généralement que rarement dans les films ou à la télévision. Pour commencer, ils sont riches. Le film commence avec leur voyage vers leur maison d’été pour des vacances. Les parents, interprétés par Winston Duke et Lupita Nyong’o, sont tous deux bien éduqués, le personnage de Duke arborant fièrement un sweat-shirt désormais emblématique de la Howard University pendant la majeure partie du film. Tous ces éléments sont des indicateurs d’un statut de classe supérieure, mais le fait qu’ils soient noirs ne permet pas aux Wilson de contourner le traumatisme causé par l’oppression sociale, qui se matérialise sous la forme de leurs répliques captives.

L’un des thèmes traités tout au long du film est l’idée d’une lutte de classe entre un groupe opprimé et un groupe privilégié, qui peut également être interprétée comme une critique raciale. Le film fait référence à Hand Across America, une campagne militante de 1986 au cours de laquelle environ 6,5 millions de personne se sont tenues la main dans une chaîne humaine d’un océan à l’autre pour collecter des fonds pour les sans-abris. Aux Etats-Unis, les noir·e·s sont surreprésenté·e·s de manière disproportionnée parmi les sans-abris.

Selon la National Alliance to End Homeless, les noir·e·s américains représentent 40% de la population des sans-abri, alors qu’ils ne représentent que 13% de la population en général. Une maladie mentale non traitée laisse beaucoup de personnes vulnérables à l’insécurité du logement, en particulier les personnes issues des minorités ethniques. Dans le contexte de la santé mentale, la composante « Hands Across America » ​​du film est particulièrement importante dans la mesure où les personnes vivant dans la pauvreté ont plus de chances de lutter contre la maladie mentale.

Mental Health in America, un organisme communautaire à but non lucratif dédié au bien-être mental, rapporte que plus de 16% des noir·e·s américains ont reçu un diagnostic de maladie mentale en 2014. Cela représente environ 6,8 millions de personnes, ce qui correspond au nombre de participants au programme Hands Across,  la campagne américaine que le film utilise comme force unificatrice entre les doubles.

Parallèlement à cela, le trouble de la personnalité multiple est enraciné dans la communauté noire et au sein des autres minorités en tant que moyen de survie. Les minorités doivent «changer de code» ou interpréter les traits de la culture dominante pour s’assimiler et éviter la discrimination. Cette fracture de soi a des conséquences réelles et peut se produire de diverses manières. En février, Thomas A. Vance, chercheur postdoctoral au Département de psychiatrie de l’Université Columbia, a alerté sur le fait que la communauté noire avait connu une augmentation du taux de problèmes de santé mentale, soulignant à la fois l’anxiété et la dépression. «Historiquement, la communauté noire a été et continue à être désavantagée en matière de santé mentale en étant sujette à des traumatismes liés à l’esclavage, à l’oppression, au colonialisme, au racisme et à la ségrégation», écrit Vance.

Pour compliquer davantage les choses, les discussions sur la santé mentale ont été stigmatisées au sein de la communauté noire , ce qui complique encore plus l’obtention de l’aide pour une population à risque. La tension entre la communauté noire et la santé mentale est exacerbée par une histoire d’abus et de négligence de la part du monde médical . Cependant, parler de santé mentale est devenu moins stigmatisé. Même au sein de la communauté noire, de plus en plus de personnalités publiques ont pris position et ont abordé la question.

En 2016, Kid Cudi a évoqué ses problèmes de santé mentale et admis qu’il s’était lui-même inscrit en cure de désintoxication pour soigner sa dépression et ses crises suicidaires. La même année, Kanye West a été hospitalisé pour une psychose temporaire . En 2018, Taraji P. Henson a fondé la Fondation Boris Lawrence Henson en l’honneur de son père. Dans une lettre ouverte, l’organisation a pour mission de combattre les stigmates liés à la santé mentale.

Tandis que la culture du silence autour de la santé mentale est en train d’évoluer, elle est abordée dans Us si l’on considère le fait qu’aucun des clones ne peut s’exprimer à l’exception de celui d’Adélaïde, Red. Malgré son aptitude à communiquer, sa voix est déformée et enrouée, laissant penser que le fait de parler lui fait éprouver une certaine douleur. C’est l’une des nombreuses subtilités du film qui évoque les obstacles à la résolution des problèmes de santé mentale en raison de pressions sociales.

Us est plus qu’un film d’horreur sur les tueries sanglantes de jumeaux maléfiques. Il met en lumière un problème important qui affecte énormément les communautés marginalisées. La véritable terreur n’est pas ce que nous voyons à l’écran mais ce qui se en chacun de nous.

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Découvre le trailer de Queen & Slim : l’histoire touchante d’un couple noir en cavale

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« Les Noirs ne vivent pas, ils survivent », a déclaré Lena Waithe à un public enthousiaste lors du Essence Fest. Cette ligne reflète non seulement la réalité, mais elle incarne le prochain film qu’elle a écrit, Queen & Slim, réalisé par Melina Matsoukas.

« Je veux donner la parole à tous les hommes et femmes de couleur sans noms [et] sans visage dont les vies ont été assassinées par des policiers, injustement », a déclaré Waithe au cours de la séance-débat.

Au cas où vous auriez besoin d’un rappel, voici le résumé de ce film très attendu, tiré de son communiqué de presse officiel :

Lors d’un premier rendez-vous oublié dans l’Ohio, un homme noir (Daniel Kaluuya de Get Out) et une femme noire (Jodie Turner-Smith, dans son premier rôle dans un long métrage), sont interpellés pour une infraction mineure. La situation s’aggrave, avec des résultats soudains et tragiques, lorsque l’homme tue le policier en état de légitime défense. Terrifiés et craignant pour leur vie, l’homme, un employé du commerce de détail, et la femme, un avocat de la défense, sont forcés de fuir. Mais l’incident est capturé sur une vidéo et devient viral. Le couple devient alors involontairement un symbole de traumatisme, de terreur, de chagrin et de douleur pour les habitants du pays.

Au fur et à mesure de leur conduite, ces deux fugitifs invraisemblables se découvriront et se rencontreront dans les circonstances les plus terribles et les plus désespérées, et forgeront un amour profond et puissant qui révélera leur humanité commune et façonnera le reste de leur vie.

Queen & Slim sort en salles aux Etats-Unis le 27 novembre 2019.

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Vous devriez vraiment regarder When They See Us. Mais si c’est trop dur, Ok.

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Vous avez certainement entendu beaucoup de personnes parler de la fascinante mini-série Netflix d’Ava DuVernay, When The See Us, disponible en streaming depuis le 31 mai. Netflix a d’ailleurs annoncé que la série était la plus regardée chaque jour depuis son lancement.

La série explore l’histoire vraie et poignante de cinq adolescents noirs et hispaniques, arrêtés en 1989 pour le viol et l’assassinat de Trisha Meili, une femme blanche surnommée dans la presse à l’époque « la joggeuse de Central Park ». L’histoire s’est emparée de toute la ville de New York et a forcé la société à examiner de près les effets dangereux du racisme et des préjugés inconscients dans le système de justice pénale et le journalisme.

Vous en entendrez également beaucoup parler parce que c’est tout simplement incroyable. When They See Us fait un travail magistral en décrivant des garçons (j’ai vu beaucoup d’articles qui parlaient de « jeunes hommes », alors qu’ils étaient en réalité des garçons) dont la vie a été bouleversée à la suite de négligence et de discrimination. DuVernay met au défi les téléspectateurs de voir cinq adolescents noirs et latinos – Yusef Salaam, Antron McCray, Kevin Richardson, Korey Wise et Raymond Santana – comme la plupart des gens ne le font pas aujourd’hui et ne l’ont certainement pas fait à l’époque : innocents.

J’avais très peur de regarder la mini-série en premier lieu. J’évite absolument de m’exposer à des images de personnes noires brutalisées. Je refuse de me désensibiliser à la douleur noire. Je savais qu’il serait difficile pour moi de regarder When They See Us, mais je n’étais pas prête pour que ce soit aussi difficile que cela ne l’a été en réalité.

Dans le premier épisode, DuVernay nous présente les cinq garçons dans la vie quotidienne : conversation sportive joviale d’Antron avec son père, objectif de Kevin d’obtenir la première place dans sa section saxophone, Korey traîne avec sa petite amie, et plus. Au fil du temps, on voit les jeunes courir et se rendre, avec tout un groupe, dans un parc pour assister à une bagarre. A partir de là, ça dégénère.

La suite, celles et ceux qui connaissaient déjà l’histoire avant la mini-série, savent. Les garçons, dont quelques-uns avaient à l’origine juste été arrêtés pour troubles dans le parc, ont ensuite été interrogés, forcés à avouer le viol et inculpés pour tentative de meurtre, viol et pour voie de fait. Malgré le manque de preuves ADN, d’une arme physique et de témoignages, ils ont été condamnés et ont purgé entre six et treize ans d’emprisonnement. En 2002, Matias Reyes, le véritable agresseur de Meili, a avoué avoir agi seul. Son ADN correspondait aux preuves matérielles et la Cour Suprême a annulé les peines prononcées contre les « Central Park Five » sur recommandation du procureur. Les cinq garçons – maintenant des hommes – ont poursuivi la ville en justice et ont conclu un règlement de 41 millions de dollars en 2014.

J’ai dû marquer des pauses à plusieurs reprises pour reprendre ma respiration et me persuader de continuer lorsque j’ai commencé When They See Us. Je me suis mise en colère lorsque des détectives ont interrogé Kevin en l’absence d’un parent, alors qu’il était mineur. J’ai pleuré lorsque le père d’Antron a dit à son fils de manière terrifiante de dire « à la police ce qu’elle veut entendre », après s’être fait intimider. Mais, ce qui m’a vraiment brisée, c’est de voir Korey (joué par Jharrel Jherome de Moonlight) battu physiquement, puis filmé en train de confesser un crime qu’il n’a pas commis. J’ai dû éteindre à ce moment.

Je ne pouvais plus supporter de regarder des garçons noirs se faire terroriser sans penser à ces pères noirs qui se font intimider par la structure de pouvoir blanche, ces mères noires qui luttent pour protéger leurs bébés et les familles noires qui sont déchirées, y compris en France, où nous ne sommes pas forcément mieux lotis concernant les violences policières. Je suis bien consciente de cette réalité, et When They See Us est un rappel douloureux mais brillant.

DuVernay fait précisément ce qu’elle a voulu faire. Elle nous fait voir ces garçons – en tant qu’individus, pas les «Central Park Five» – et nous oblige finalement à regarder comment leur monde entier a été démantelé par l’incarcération. « Lorsque vous incarcérez une personne, vous incarcérez sa famille, son avenir, sa communauté », a déclaré DuVernay. «Dans les nombreux cas où nous incarcérons des personnes, nous incarcérons une génération de personnes (…). C’est une chose sur laquelle nous devons nous pencher, sachant ce qu’il en est – ne pas simplement regarder et dire« C’est dommage.»

DuVernay a voulu honorer ces hommes et la perte de cette jeunesse qu’ils pleurent tous jusqu’à ce jour. Ce sont des années volées de leur vie qu’ils ne retrouveront jamais, et l’attention des médias et les fausses convictions feront toujours partie de leurs histoires.

Je ne doute pas que je finirai When They See Us et je vous encourage à la regarder au moment opportun. Je comprends également toute personne noire qui a besoin de prendre son temps, ou ne peut pas du tout regarder parce que les humains brutalisés à l’écran lui ressemblent à elle ou à sa famille. Exister simplement en tant que Noir est difficile et il est normal de décider de se protéger, surtout quand le monde ne le fera pas.

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