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Le musée national d’art africain met en place une exposition dédiée au patrimoine artistique féminin

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Situé à Washington et créé en 1974 par l’institution américaine du SmithSonian, le Musée National d’Art africain est un centre dédié à l’art du Continent Noir. Il y a environ cinq ans, le musée estimait que seules 11 % des œuvres exposées étaient le travail d’artistes féminines. L’établissement s’est donc lancé dans une démarche ambitieuse qui visait à acquérir davantage de travaux de femmes. Ainsi, depuis 2014, la proportion d’artistes féminines exposées a doublé, passant de 11 % à 22 %.

Tirée de sa collection permanente, l’exposition « I Am… Contemporary Women Artists of Africa » met en lumière ces efforts, mettant en vedette des œuvres modernes et contemporaines de 27 artistes, dont certaines de renommée internationale, telles que Ghada Amer, Zanele Muholi et Wangechi Mutu, et d’autres dont les noms seront probablement inconnus de la plupart des visiteurs. Environ les deux tiers des pièces ont été acquises depuis 2014. La plupart n’ont jamais été montrées à Washington.

«Sai Mado (Le regard lointain)», par Aida Muluneh. (Franko Khoury / Musée national d’art africain)

Tirant son titre de l’hymne féministe de Helen Reddy, « I Am Woman », publié en 1971, ce spectacle extrêmement varié met l’accent sur le caractère unique des voix individuelles plutôt que sur un thème ou un récit général. Un large éventail de supports, de formats, de styles et de sujets sont exposés, notamment deux courtes vidéos, une installation de la taille d’une pièce, des sculptures multimédias, des œuvres textiles, des céramiques, des peintures et des photographies.

La sculpture sans titre de Batoul S’Himi de la série «World Under Pressure» présente une carte gravée sur le côté d’un autocuiseur. (Franko Khoury / Musée national d’art africain)

Seul regret, qui n’est pas des moindres, l’oubli d’artistes originaires de la vingtaine de pays francophones. En effet, près des deux tiers des artistes sont originaires d’Afrique du Sud ou du Nigéria, le reste de l’Ethiopie et du Kenya. Une répartition peu surprenante puisqu’il s’agit soit des puissances économiques d’Afrique subsaharienne, soit des pays les plus peuplés, voire les deux en même temps.

Pour le directeur du musée, Gus Casely-Hayford, mettre en lumière les femmes est une évidence pour raconter le continent africain :

« Le musée est dédié à la totalité de l’histoire de l’Afrique, des temps anciens aux temps contemporains, il n’est pas possible de rendre justice à cette riche histoire sans s’intéresser aux femmes qui l’ont formée. »

L’exposition « I Am… Contemporary Women Artists of Africa » est visible au National Museum of African Art jusqu’au 5 juillet 2020.

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« L’art nègre ? Connais pas » : existe-t-il un art africain contemporain ?

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Le stand de Didier Claes , foire AKAA de Paris, Novembre 2019

À la question de savoir ce qu’il entendait par « art nègre », Picasso répondit : « l’art nègre ? Connais pas ». Par cette réponse, l’artiste ne voulait sans doute pas nier l’existence et la qualité d’un art africain en tant que tel, mais signifier que ce n’est pas tant la qualité artistique des objets qui l’intéressait que leur propriété « magique ».

Mais c’est justement ce côté « fétiche » de l’art africain qui a valu à ce dernier une relégation en Occident, notamment au XVIIIe siècle, de la part des tenants de l’esthétique naissante. Deux auteurs, Burke et Kant, à travers leurs œuvres respectives Recherche philosophique sur l’origine de nos idées sur le sublime et du beau (1757) et Observation sur le sentiment du beau et du sublime (1764), inaugurent une série de positions à travers lesquelles l’idée d’une perversion de ce qu’on peut appeler « l’art africain » s’opère par des termes « fétiches-idolâtrie-primitif » auxquels sont associés les objets. En provoquant l’horreur et la frayeur, ceux-ci ne peuvent être ni beaux ni sublimes.

Désormais, c’est de cette africanité « fétiche » que l’art contemporain africain cherche à se départir en s’alignant sur l’art contemporain occidental voire sur ce qu’on peut appeler l’« art contemporain global » si bien qu’on peut se demander s’il existe, en la matière, un art que l’on peut qualifier d’« africain ».

La revendication d’une certaine africanité

Depuis les années 1990, des événements d’envergure internationale sont régulièrement organisés sur le continent pour revendiquer l’existence d’une forme d’art contemporain africain. On compte parmi les plus importants la biennale Dak’Art au Sénégal, CAPE (Contemporary African Culture) en Afrique du Sud, TACCA (Territórios de Arte e Cultura Contemporânea Africana) de Luanda en Angola, la Biennale du Bénin, la Biennale de Marrakech (Maroc), FESPACO (Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou), les Rencontres de la photographie de Bamako (Mali).

L’objectif de ces événements est de révéler auprès d’un large public venu des quatre coins du monde une Afrique qui crée et innove dans tous les domaines artistiques à l’instar de l’Occident. Ces événements ont révélé des artistes d’art africain contemporain de renommée mondiale comme Ousmane Sow (Sénégal), Chéri Samba (Congo), Samuel Fosso (Cameroun), Cyprien Tokoudagba (Bénin)… https://player.vimeo.com/video/79804658

À l’instar du terme « négritude » qui s’est notamment exprimé dans le champ littéraire, l’art contemporain africain revendique une africanité, une identité qui s’explicite par une esthétique propre. Celle-ci puise son essence dans les préoccupations du continent en développant les thèmes du génocide, du sida, de la famine, des luttes politiques, du pillage, de la répression de l’émigration…

Cette revendication est parfois doublée sur le plan technique du déploiement d’un style dit « africain ». C’est le cas de l’artiste Moke, peintre populaire de la République démocratique du Congo, qui développe dans ses tableaux un style « naïf » que beaucoup rapprochent d’un primitivisme contemporain.

Cependant, la revendication d’une identité africaine de cet art contient un paradoxe de taille. Pour être connus à l’international, les artistes sont obligés de se conformer à des « convenances » imposées par le contexte de globalisation.

L’art de la mondialisation ou la question de l’altérité en art

Ce qui fait la renommée internationale d’un artiste contemporain africain est sa capacité à user des codes mondiaux pour imposer son art. Par là, il se voit obligé de puiser dans un répertoire mondial disponible. Pensons par exemple aux tendances « gréco-africaines » du désormais célèbre Ousmane Sow.

N’étant jamais passé par les instances académiques, l’artiste sénégalais s’inspire des photographies de Leni Riefenstahl réalisées chez les Nubas. Son inspiration lui vient également de sculpteurs tels Rodin, Bourdelle ou Giacometti.

Pensons également à Yinka Shonibare. Ce dernier revendique le caractère hybride des identités africaines en recouvrant les objets qui caractérisent l’Occident d’étoffes « africaines » connues sous le nom commun de « wax ». Ceci est devenu un procédé répandu auquel recourent bon nombre d’artistes africains. https://www.youtube.com/embed/x0rAIMV0k4M?wmode=transparent&start=0

De ce fait, ce qui caractérise l’art contemporain africain, c’est le multiculturalisme, sa capacité à parler un autre langage que celui « authentiquement » africain.

Dans l’histoire récente de cet art, l’exposition Africa Remix a fortement contribué à son internationalité par l’accent mis sur sa nature hybride. C’est donc en tant qu’art global que l’hybridité et le mixage (remix) apparaissent comme les modalités actuelles de l’identité de l’art contemporain africain.

Ceci pousse à s’interroger sur la signification d’un art africain, d’un art français, d’un art américain, etc. dans le contexte de mondialisation. De la même manière, puisque la globalisation « brouille » les frontières géographiques et artistiques, doit-on parler d’artistes africains ou d’artistes d’Afrique, d’art africain ou des arts d’Afrique ? On comprend aisément que c’est la question de l’identité ou des identités qui est au cœur de ce qu’on appelle l’« art contemporain ». La mondialisation oblige à s’interroger sur l’identité nationale des artistes car, si pendant longtemps, en histoire de l’art tout au moins, on s’est plutôt soucié des appartenances à une école et à un courant, le contexte de globalisation dans lequel nous vivons change la donne.

La fabrique des artistes contemporains africains

L’exposition phare « Les Magiciens de la Terre » (1989) a joué un rôle fondamental dans l’émergence des artistes contemporains africains. Cela amène à penser que le concept d’« art contemporain africain » est une élaboration étrangère au continent.

Cyprien Tokoudagba, Voodoo Pantheon. Mussklprozz/Wikimedia, CC BY-SA

En effet, c’est à l’occasion de cette exposition que seront révélés des « artistes » que l’on connaît jusqu’ici sous un autre label. C’est le cas du talentueux dessinateur ivoirien Frédéric Bruly-Bouabré. Alors que ce dernier était connu comme prophète et inventeur d’un système d’écriture, il est devenu, à sa grande surprise, l’un des artistes africains contemporains les plus renommés.

Révélés par André Magnin, les talents de l’Ivoirien sont présentés comme exempts de toute contamination occidentale. On peut voir dans cette démarche la volonté de montrer un art contemporain africain « authentique ». C’est dans l’exercice de ses fonctions de commissaire d’exposition qu’André Magnin a également contribué à faire émerger des artistes comme Seydou Keita et Malick Sidibé dont les œuvres ont été exposées dans la prestigieuse Fondation Cartier. Il en va de même pour Georges Adéagbo, ce plasticien béninois que le Français a réussi à hisser au rang des artistes les plus connus de l’« art brut ».

<image id=“170635” align=“centre” source=“Page officielle consacrée à l’artiste sur Facebook/Fiac 2014” caption=“Une œuvre de Frédéric Bruly Bouabré

@Fiac_Officielle_2014.”/>

Dans le même sillage que Magnin et toujours dans le cadre de la même exposition « Magiciens de la Terre », l’ethnologue Jacques Mercier a littéralement métamorphosé les fabricants de talismans éthiopiens, Gera et Gedewon, en artistes.

L’art de la fabrique des artistes se développe souvent au nom d’un « partage d’exotismes » » – titre de l’exposition organisée par Jean‑Hubert Martin dans le cadre de la Biennale d’art contemporain de Lyon en 2000 – qui masque les conditions de production des œuvres. https://www.youtube.com/embed/NoKAnkFvXeE?wmode=transparent&start=0

Retenons que la dénomination d’« art africain contemporain » semble difficile à tenir, surtout dans un contexte de globalisation, dans la mesure où cet art, dans ses manifestations, se livre à un jeu de miroir dans lequel il reflète un art qu’on peut qualifier de « glocal », à la fois composé d’éléments locaux et d’inspiration globale.

Par ailleurs, on assiste aujourd’hui à une certaine forme de refus d’une identité typiquement africaine de l’art africain contemporain. L’un des tenants de cette tendance est l’artiste béninois Meschac Gaba dont l’œuvre consiste à déconstruire le concept d’« art africain contemporain » en jouant sur l’ambiguïté de la fonctionnalité et de l’inutilité de l’œuvre d’art. Les installations de l’artiste constituent une forme de modèle de production artistique « non africaine ».

En définitive, l’art africain contemporain n’est-il pas le moyen d’inscrire l’Afrique dans la mondialisation ?

Erick Cakpo, , Université de Lorraine

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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RITUALS, le projet artistique qui questionne l’identité et explore la masculinité noire

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RITUALS est un projet artistique à l’initiative de Steve Mekoudja qui allie musique, poésie, danse et photographie. Le jeune artiste a récemment lancé une campagne de crowdfunding sur la plateforme Ulule jusqu’au 9 septembre afin de mener à terme son projet.

Quels sont les rituels d’un jeune homme [noir évoluant] dans ce monde dit moderne, qui ne ressemble en rien au monde dans lequel ont vécu ses pères ? Quel est son rapport avec lui-même ? A sa masculinité ? A sa vulnérabilité ? Avec quels yeux regarde-t-il le monde ?

Autant de questions que se pose Steve MEKOUDJA, auteur, poète et directeur artistique camerounais vivant en Allemagne :  » je fais le voyage à la découverte de l’homme Noir, Africain, Camerounais, et Bamiléké que je suis. Pour m’aider à explorer ces territoires, une arme très efficace : l’art. J’utilise le chant, l’écriture, la poésie pour cultiver ce champ complexe qu’est mon identité.  » Ce projet, il l’a pensé sous la forme d’un court-métrage poétique, un album de poésie et de musique, ainsi qu’un livre d’art. Le court-métrage intitulé RITUALS et qui dure une vingtaine de minutes a été tourné entre juin 2017 et septembre 2017 à Berlin et dans le Moungo au Cameroun. Il a mobilisé près de cinquante figurants, photographes, monteurs, danseurs, caméramans, Make-Up artistes, etc. L’album quant à lui se compose de 15 poèmes et chansons toujours sur le thème de la découverte et l’exploration de nos identités. 

 » Cet album se veut riche de couleurs et de sonorités diverses : des poèmes dits sur du makossa, du ben-skin, des balades. Un album qui me ressemble, c’est-à-dire, influencé par ma culture camerounaise et bamiléké. « 

Steve Mekoudja

Il aura fallu de longues nuits d’écriture et de réécriture, de longues journées de tournage, d’enregistrement en studio en Allemagne et au Cameroun. RITUALS questionne les identités, nous invite à les explorer et à les épouser. C’est un appel à prendre conscience de soi-même par l’entremise d’une rencontre entre les mots, la danse, la musique et la photographie.

Découvrez le premier extrait de l’album, intitulé « To Be A Man », autour de la masculinité.

Pour contribuer au projet, rendez-vous sur la page Ulule de RITUALS. Notez que la plateforme Ulule fonctionne sur le principe du TOUT ou RIEN. Si l’objectif des 3700€  n’est pas atteint, le projet ne sera pas financé et vous serez évidemment remboursés.

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Mood & Plume, le compte Instagram qui célèbre la nature et la beauté noire

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Bloom and Plume est un compte Instagram créé et alimenté par Maurice Harris, un photographe et décorateur floral basé à Los Angeles qui associe compositions florales et portraits de personnes noires afin de célébrer la mélanine dans toute sa diversité et dans toute sa splendeur naturelle.

Dans ses créations,  les fleurs et le feuillage sont disposés stratégiquement comme des auréoles, des couronnes et des améliorations physiques.

L’artiste revisite également le concept de la masculinité, notamment chez l’Homme Noir:

«Nous sommes constamment réduits au stéréotype du grand noir [viril], ce qui est, je pense, la raison pour laquelle nous sommes constamment en train de mourir, les gens ont peur de nous. En tant que noir, je voulais remettre cela en cause. [C’est ainsi que] L’idée de Shades of Blackness est apparue. Nous voulions créer une collection de photos qui montraient toutes les teintes que pouvaient avoir les noir·e·s et les juxtaposer avec des fleurs»

Toutes les créations sont réalisées devant la caméra et aucune retouche photo n’est apportée par la suite. D’où l’utilisation du hashtag #Nophotoshop

Selon Mauris Harris, il est impossible de séparer la négritude de l’art. En tant qu’artiste noir – et  particulièrement en tant que fleuriste homosexuel noir – son identité lui a permis selon lui de créer quelque chose d’incroyablement unique et puissant.

My niece Elyse is just serving up some little miss October with a playful #smize as she werks her high pony and bold brow! It was amazing to capture my nieces fierce and carefree spirit. She reminds me to be myself in a bold way, I mean my girl don't got no rhythm (or barely any rhythm) and she is completely uninterested in the rhythm that I try to teach her she wants to show me her moves and take me on her journey! I love her commitment to being herself and not being discouraged by the people around her that don't get it. I am learning from a 5 year old! #getyourlife This is an image from the #shadesofblackness calendar that we did for 2015. Photographed by me digital art genius by @theglasszipper #happyoctober #littlemissoctober #blackgirlmagic #blackgirlsrock #babyblackgirl #dancetoherownbeat #lovemynieceelyse #gayuncle

Une publication partagée par Maurice Harris (@bloomandplume) le 5 Oct. 2016 à 8 :58 PDT

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