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LGBTQ

Le "racisme sexuel" est un problème majeur sur les applications de rencontres queer comme Grindr

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Ce ne sont pas là des propos tirés d’une affiche datant de l’ère de la ségrégation mais bien de notre époque. Ils correspondent plutôt à des «critères de préférences» que l’on peut retrouver sur différents profils de rencontre de certains hommes queers sur des applications comme Grindr.

Des « préférences », particulièrement spécifiés sur des applications impliquant des hommes, qui vous en conviendrez, dénotent encore d’un certain racisme. Si certaines applications comme Grindr ont lancé des campagnes de lutte contre le racisme sur leurs plateformes, il existe à ce jour peu de recherches sur l’impact de cette forme de racisme sur les jeunes hommes non-blancs.

Il n’existe même aucun moyen de mesurer clairement les impacts de ce type de racisme en général. La plupart des recherches sur les jeunes hommes noirs gays et bisexuels se concentrent surtout sur le VIH/Sida tout en négligeant d’autres domaines d’étude tout aussi importants, selon Ryan Wade, professeur de travail social à l’Université de l’Illinois.

Ce manque de données a inspiré Wade et Gary Harper, professeur de comportement en santé à l’Université du Michigan, à créer une échelle et une enquête mesurant les impacts psychologiques de la discrimination sexuelle racialisée (DSR) sur les jeunes hommes de couleur. 

Dans l’ensemble, leurs recherches ont confirmé que le racisme sur les applications de rencontres queer peut avoir des effets négatifs importants sur la santé des hommes noirs, y compris la dépression et les sentiments de faible estime de soi. 

Les formes les plus courantes de racisme sexuel incluraient les hommes noirs exclus, rejetés, dégradés ou objectivés par les hommes blancs. 

Selon Wade, le racisme dans les espaces de rencontre en ligne « fait partie du discours populaire depuis très longtemps au sein de la communauté queer ». Un participant à l’étude a même testé l’impact de l’origine ethnique sur la façon dont il était rejeté par les autres utilisateurs en refaisant tout son profil Grindr sans photo, et en passant son origine ethnique de « noir » à « blanc ». 

« Même sans photo de profil, il a dit que le nombre de messages reçus avait quadruplé », a expliqué Wade. Le problème est tellement omniprésent que Grindr a lancé la campagne  » Kindr  » en 2018 pour essayer de combattre la DSR parmi ses utilisateurs. 

« Le racisme est une grave préoccupation pour Grindr et la communauté dans son ensemble, et cela nous a incités à lancer notre campagne Kindr pour poursuivre la conversation sur les différents types de discrimination qui se produisent en ligne », a déclaré un représentant de Grindr à Insider. 

Mais parce que les recherches antérieures sur la DSR étaient principalement basées sur des entretiens et d’autres expériences anecdotiques personnelles, il n’était pas possible d’examiner les tendances générales sur l’impact du racisme sur ces communautés de rencontres en ligne. En développant leur échelle, Wade et Harper ont voulu quantifier la façon dont la DSR se manifeste en ligne ainsi que son effet sur l’estime de soi et la dépression.

L’échelle a décomposé la DSR en quatre zones distinctes – exclusion, rejet, dégradation et objectivation érotique

Lorsque les chercheurs ont mis leur échelle à l’épreuve sur un groupe d’enquête de 2000 jeunes hommes de couleur, ils ont découvert que les personnes objectivement érotisées connaissaient des taux de dépression plus élevés et des taux d’estime de soi plus faibles. 

Bien que le rejet individuel par des hommes blancs n’ait pas eu d’impact significatif, ceux qui ont déclaré être immergés dans un environnement d’application de rencontres où le fait d’être blanc était considérée comme la caractéristique la plus souhaitable ont également signalé des taux plus élevés de dépression et une estime de soi négative.

L’objectivation des hommes blancs a eu le pire impact sur le bien-être mental des participants 

Selon Wade, l’objectivation érotique provient du fait que certains groupes raciaux sont stéréotypés dans le contexte du sexe, comme en supposant que les hommes noirs sont agressifs ou dominants dans la chambre. 

L’objectivation érotique était le seul type de DSR dans l’étude qui était lié à la fois à des taux élevés de dépression et à des taux plus faibles d’estime de soi. Wade a déclaré que cette découverte était surprenante pour les chercheurs. 

« Si vous êtes objectivé, cela pourrait théoriquement vous donner l’occasion de trouver un partenaire intime. Et si tel est leur objectif, nous ne savions pas si cela pourrait compenser les effets négatifs », a déclaré Wade. 

Wade veut finalement transformer la recherche en une campagne nationale contre le racisme sexuel

Au-delà de l’échelle, Wade a déclaré que lui et Harper espèrent éventuellement utiliser leurs résultats pour empêcher la DSR de se produire. 

« Je pense au succès de choses comme la campagne » Ça va mieux « ou le projet Trevor et à quel point ceux-ci ont réussi à faire prendre conscience de choses comme l’intimidation LGBTQ et le suicide », a déclaré Wade. « Je pourrais imaginer quelque chose de similaire à RSD. »

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LGBTQ

« Panafricain & Gay » : « je ne suis pas là pour prendre en otage le panafricanisme avec des revendications LGBT, ni créer des divisions »

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« Panafricain & Gay » , un titre suffisamment provocateur pour attirer l’attention sur la toile. Sur le compte Instagram derrière ces deux mots, des revendications, des phrases chocs, des citations et des photos de couples d’hommes noirs repostées. Nous avons échangé avec l’auteur du compte en ligne pour comprendre sa démarche.

Pourquoi avoir créé ce compte et l’avoir nommé « Panafricain & Gay » ?

L’éveil de ma conscience noire est récent. Mais avant cela, je me posais déjà des questions sur l’histoire des Noirs, leur identité, leur condition dans ce monde, etc… Par curiosité, j’ai donc commencé à regarder des émissions, vidéos sur YouTube présentées par des panafricains connus et moins connus. Certains d’entre eux, ainsi que la plupart de leurs abonnés, tenaient des discours très homophobes alors que ce n’était même pas parfois le sujet des vidéos. Etant moi-même homosexuel, cela m’a profondément choqué à l’époque. On parlait des homosexuels comme des chiens, des sous-merdes. En gros pour ces gens, on ne peut pas être noir et homosexuel, et encore moins homosexuel et panafricain, parce que l’homosexualité serait exclusivement et foncièrement d’origine occidentale. En réaction à ce déchaînement des passions contre les homosexuels, j’ai donc crée ce compte. Le pseudo est provocateur, c’est fait exprès. Il fallait que je pousse les gens à s’interroger sur la compatibilité ou non de l’homosexualité avec le panafricanisme. Quand j’ai commencé à intervenir dans les chats panafricains avec ce pseudo, j’ai reçu des messages violents, haineux, on m’a même bloqué. Mais je m’y attendais. 

Après quelque temps, j’ai donc décidé de créer une page Instagram pour parler de moi, de la manière dont je me définis, dire aux gens publiquement qu’on peut être Noir, gay et panafricain. Le panafricanisme concerne tous les noirs, peu importe leur sexualité, pour peu que ces noirs soient conscients des enjeux de ce mouvement. Je suis Noir ,c’est ce qu’on voit en premier, je subis aussi la négrophobie comme tous les autres Noirs. Je ne vois pas en quoi ma sexualité m’empêcherait de m’intéresser aux problématiques qui touchent les noirs. La sexualité n’est pas liée à une origine ou à un pays. Mais, ma couleur de peau me lie nécessairement au continent noir, au peuple noir, à son histoire.

Quelle est ta position vis-à-vis de la communauté noire LGBTQ ? L’approche « panafricaine » diffère-t-elle des combats qui ont été menés jusqu’ici ?

Selon moi, peut-être que je me trompe, la communauté noire LGBTQ ici en Europe n’est pas encore assez structurée contrairement à ce que l’on peut voir aux USA où la communauté noire LGBTQ est bien organisée avec une culture gay noire américaine. Je pense que cela est dû à l’histoire des Etats-Unis et à son passé esclavagiste qui a poussé les noirs américains à être solidaires et communautaires. Et la communauté LGBTQ qui est une minorité dans cette minorité s’organise aussi de la même manière. Ce n’est pas parfait, mais c’est déjà très bien. Peut-être que les LGBTQ noirs en Europe devraient s’en inspirer de manière durable. Cela dit, j’ai vu qu’en Grande-Bretagne on prenait ce chemin tout doucement.

Je suis évidemment pour une acceptation, une tolérance des homosexuels au sens large dans les pays africains et les communautés noires en général, et au sens strict pour une acceptation des noirs homosexuels qui sont panafricains ou pro-noirs conscients, au sein des mouvements panafricains. Le panafricanisme n’est pas une lubie. C’est sérieux. Maintenant par rapport au lien avec l’homosexualité, à terme je souhaiterais que les noirs homosexuels panafricains se définissent grâce à un nouveau paradigme africain et ne plus se contenter d’être une pâle copie de ce qui se fait dans la culture gay mainstream occidentale. Je respecte le mouvement LGBTQ européen, il a mené et remporté de nombreuses batailles, mais ce n’est pas une secte à laquelle on doit  absolument se soumettre sur tous les sujets et concepts qu’il défend. Ce paradigme africain de l’homosexualité autour duquel les noirs gays panafricains se réuniraient, pourrait consister par exemple, à trouver une nouvelle dénomination africaine de l’homosexualité, à établir des valeurs sur la base desquelles se construiraient les relations homosexuelles, à déterminer des formes d’interaction avec les autres membres de la communauté noire, etc… 

Que penses-tu de l’idée souvent avancée selon laquelle l’homosexualité ne s’inscrit pas dans les mœurs africaines ?

L’homosexualité a toujours existé, et ce depuis la nuit des temps, partout sur cette terre. Non, l’Afrique n’a pas fait exception à cela, n’en déplaise à certains excités. Maintenant ,il est vrai que les noirs sont pour la plupart amnésiques de leur histoire dans presque tous ses aspects. Mais ce n’est pas de leur faute: on ne se remet pas aussi facilement des siècles d’esclavage et de colonisation. On nous a imposé une histoire réécrite, souvent falsifiée à laquelle on s’est identifié pendant des siècles, et on le fait encore aujourd’hui. En plus, avec les religions et les codes pénaux hérités de nos oppresseurs historiques, ça n’aide pas du tout. Il faut aussi noter que la plupart des sources de l’histoire africaine ou des histoires africaines sont orales donc ça peut causer quelques difficultés par rapport à une reconstitution complète des faits historiques. Cela dit, selon certains chercheurs du continent et de la diaspora, l’homosexualité était une réalité historique en Afrique, et pas une mode ou « maladie » venue de l’Occident. On peut citer par exemple Charles Gueboguo qui a écrit un article édifiant à ce sujet intitulé « L’homosexualité en Afrique: sens et variations d’hier à nos jours », on peut le trouver sur internet et le télécharger gratuitement. Cet article nous apprend que l’homosexualité en Afrique n’a jamais été un mythe, même si cela s’inscrivait dans un paradigme différent de celui qu’on connait aujourd’hui en Occident. Il nous apprend même l’existence de termes africains désignant l’homosexualité, comme par exemple: chez les Wahiwé en Angola, les homosexuels étaient appelées « omututa » ou « eponji »; chez les Haoussas du nord, on les appelle « dan kashili »; dans la côte Est africaine en kiswahili on dit « shoga »,etc…

L’homosexualité est encore condamnée dans la majorité des pays Africains. Vivre à l’étranger facilite-t-il ta démarche ?

En Afrique subsaharienne 28 pays sur 49 disposent de législations Interdisant ou réprimant l’homosexualité. Quelques pays ont dépénalisé les relations homosexuelles: Gabon, Mali, Afrique du Sud, République Démocratique du Congo, Côte d’Ivoire, Lesotho, Angola, Mozambique, les Seychelles et le Botswana. Manifestement, il y a encore beaucoup de travail à faire. Mais les choses avancent tout doucement et j’espère que l’initiative des pays cités ci-dessus fera tache d’huile dans le reste du continent. Même si ces initiatives sont à féliciter, les populations africaines restent encore majoritairement hostiles à l’homosexualité. Donc oui, vivre en Europe facilite ma démarche et je suis moins exposé au danger que si je vivais en Afrique. Je salue d’ailleurs les homosexuels qui se battent là-bas pour leurs droits. Je les trouve courageux. Il est dommage qu’un homosexuel se sente plus en sécurité dans un autre pays que dans son propre pays. Les autorités africaines doivent protéger toute vie humaine, les lynchages et les persécutions des homosexuels doivent cesser.

Tu prônes le « black love » (le fait de sortir exclusivement avec des partenaires noirs). Dans les faits, est-ce si simple de le mettre en pratique lorsqu’on est minoritaire dans une minorité et de surcroit invisibilisé ?

Le Black Love nous vient de nos frères et sœurs noirs américains, et comme je l’ai dit plus haut, ils ont réussi à former une communauté solidaire sur plusieurs aspects, notamment l’amour exclusif entre noirs. En Europe, le Black Love est très récent dans la communauté noire hétérosexuelle, et pas très encore répandue dans la communauté noire homosexuelle. Raison pour laquelle, ma page Instagram est aussi un moyen de promouvoir le Black Gay Love, parce que l’unité d’un peuple, d’un groupe passe aussi par l’amour entre ses membres. A mon avis, les noirs homosexuels en Europe et d’ailleurs devraient en faire un principe fondamental. Maintenant, ce n’est pas facile comme vous l’avez dit dans les faits de le mettre en pratique, parce que la plupart des noirs gays sont discrets, n’ont pas encore fait leur coming out (ndla: Révélation publique par une personne de son homosexualité), ont honte de leur sexualité, mènent une double vie, se mettent parfois en couple mixte pour « s’élever » socialement, etc… Par ailleurs, peut-être que je me trompe, mais il n’existe pas encore une forte communauté noire homosexuelle qui s’assume comme telle, que ce soit en France, Belgique, etc… En tout cas, elle est moins importante que celle des USA. C’est une chose sur laquelle on devrait travailler. Vive le Black Gay Love!

Le mouvement panafricaniste est vaste, quels sont selon toi, les principaux enjeux et axes de réflexion ?

Je suis pas un panafricain chevronné, je suis encore en phase d’apprentissage. Mais oui, le panafricanisme est un vaste sujet, très complexe. Il est né en dehors de l’Afrique, dans la diaspora noire et c’est ce qui rend ce mouvement encore plus extraordinaire, plus spécial pour nous les noirs. Des descendants de noirs déportés et réduits en esclavage dans les Amériques ont nourri, construit et même concrétisé le projet de former une union des noirs du continent et de la diaspora. C’est absolument formidable! A mon humble avis, l’économie est très importante parce que sans argent dans ce monde on n’est rien, on n’influence aucune politique, on ne promeut pas efficacement nos cultures, l’éducation, on reste toujours dans la position de celui qui demande à manger à la table des autres. On doit s’émanciper du regard de l’autre. Cela fait partie de la désaliénation, se rééduquer mentalement ,restaurer notre estime de soi, notre amour propre, cultiver une fierté de soi. Cette rééducation du peuple noir s’appelle l’Afrothérapie, concept qui vient une fois de plus de nos frères des USA. C’est incontournable selon moi, peut-même plus important que l’économie. Parce que ça ne sert à rien d’avoir des sous si on voit l’autre comme étant supérieur à nous, ou alors de voir l’autre comme notre sauveur. Par autre, j’entends ceux qui nous ont dominés historiquement et, qui nous dominent encore aujourd’hui. Sortir de cet esclavage mental va nous permettre de construire une communauté noire très forte, dépasser nos différences tribales, de se voir et agir comme un seul bloc.

Depuis le lancement de ton compte, as-tu déjà été confronté à de l’homophobie et à des réactions hostiles ? Comment gères-tu cela ?

Depuis le lancement de mon compte, j’ai reçu et continue de recevoir des messages, commentaires homophobes, parce que selon certaines personnes je souille le panafricanisme avec mon homosexualité, elles me disent que je veux créer une division au sein du panafricanisme. Une peur que je peux comprendre, parce que la communauté noire a tellement de problèmes(identitaires, économiques, sociaux…), et beaucoup de choses y sont encore en chantier. Je tiens à préciser une chose: je ne suis pas là pour prendre en otage le panafricanisme avec des revendications LGBT, ni créer des divisions. Pas du tout! Comment je gère cela? Je ne fais plus trop attention à ça, je me moque d’eux ou alors je ne réponds plus à ce genre de messages. Je m’y attendais de toute façon, et cela ne m’empêche pas de dormir. Elles ne sont pas nombreuses, mais il y a des personnes avec une conscience panafricaine qui sont tolérantes et avec lesquelles j’ai eu une conversation intelligente. Il faut qu’il y’ait plus de personnes pro-noires ou panafricaines comme Huey P. Newton, cofondateur du Black Panther Party qui était ouvert à l’acceptation des homosexuels dans le mouvement, parce que selon lui les homosexuels pouvaient être plus révolutionnaires que certaines personnes, mais aussi parce que les homosexuels n’étaient pas les ennemis du peuple.

L’homosexualité dans la communauté noire reste encore très taboue. Que faut-il selon toi pour faire évoluer les choses ?

 Effectivement,c’est une question taboue dans notre communauté.Comme je l’ai dit précédemment,cette hostilité vient des siècles d’esclavage et de colonisation qui nous ont rendus très intolérants par rapport à l’homosexualité.Maintenant,les faits sont là et on doit faire avec.Selon moi,il faut sensibiliser en doucueur,à travers l’éducation,la communauté noire sur la question,inviter les gens à assister à des espaces de discussion sur le sujet,donner une image positive de l’homosexualité dans le sens où il faut faire comprendre aux gens que c’est avant tout une question d’attirance et d’amour entre deux personnes de même sexe et qu’on peut être épanoui dans une telle relation. Pourquoi je dis en douceur?Parce que les problèmes liés à la communauté noire sont encore en chantier comme je l’ai dit plus haut,qu’ils soient identitaires ou économiques, et c’est une question qui braque facilement les gens.En plus de ça Les noirs étant majoritairement très croyants,spirituels,ça n’aide pas vraiment…Qui doit organiser cette sensibilisation? Les politiques,pour un plus grand impact,doivent avoir le courage de s’emparer positivement et intelligemment de la question,et parce que sans les politiques peu d’initiatives peuvent se concrétiser sur le terrain;les enseignants,le personnel de la santé; et pourquoi pas des religieux,tolérants bien sûr.La communauté noire hétérosexuelle et la communauté noire homosexuelle ne doivent pas s’opposer,elles doivent se donner la main. Ça va prendre du temps,mais les choses bougent tout doucement.Donc il y a de l’espoir.

Que conseillerais-tu à des jeunes hommes et femmes homosexuel.le.s qui souhaitent s’engager mais craignent que leur orientation ne créé des divergences ?

S’ils ont de vraies convictions panafricaines, qu’ils ont à cœur l’Afrique Noire et sa diaspora, alors ils peuvent militer. Ils le feront pour leurs ancêtres, leurs frères, sœurs, parents, neveux, cousins ,cousines, etc… Le panafricanisme dépasse notre sexualité, nos obédiences religieuses, nos tribus. En plus de ça, ce n’est pas l’homosexualité qui est responsable de tous les problèmes qui gangrènent la communauté noire depuis des siècles. Ces jeunes personnes peuvent agir individuellement dans des secteurs qui leur plaisent (culture, collecte de vêtements, distribution de repas, aide administrative, etc…),intégrer des mouvements panafricains/pro-noirs pour agir collectivement. Je tiens à redire une chose: lorsqu’on est un noir homosexuel et qu’on intègre un mouvement panafricain, c’e n’est pas une occasion pour prendre en otage un tel mouvement avec des revendications LGBTQ, ou de créer des divisions. Si des jeunes homosexuels souhaitent s’engager dans ce genre de mouvement, ils devront montrer patte blanche en rassurant les membres ou fondateurs qu’ils ne cherchent pas de division, qu’ils ne sont le bras armé, ni le cheval de Troie de personne. Et ces mouvements panafricains qui accepteraient des homosexuels en leur sein devront créer des garde-fous contre des actes homophobes, une sorte de charte de tolérance.

Allez, puisqu’on en est à parler d’attirance, as-tu des crush panafricains ? Quels sont tes critères ?

Les hommes panafricains/pro-noirs que je trouve mignons ne sont pas très connus. Et ceux qui sont connus…bah je ne vais pas citer leurs noms ici, je ne veux pas qu’on me tape pardon(rires).Par contre des hommes noirs connus que je trouve sexy qui me viennent comme ça à l’esprit: Teddy Riner, Jonathan Majors, Asafa Powell, Lawrence Fishburne, etc…Mes critères? Je les aime virils, drôles, entreprenants, attentionnés, humbles, avec de la conversation, fidèles, câlins et surtout panafricains ou pro-noirs. Trop de critères?(Rires).

Retrouvez le compte « Panafricain & Gay » sur Instagram : https://www.instagram.com/panafricain_et_gay/

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LGBTQ

Être gay en Guadeloupe : entre homophobie et préjugés raciaux

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Les violences et discriminations envers les personnes LGBTQ+ se sont accélérées en France et dans le monde entier avec la crise sanitaire actuelle. Selon Amnesty International France, certaines personnes homosexuelles confinées, sont victimes d’homophobie au sein de leurs familles, allant parfois jusqu’à être mises à la porte de chez elles.

En Guadeloupe, fin 2019, lors d’une interview diffusée sur outre-mer la première, trois jeunes Guadeloupéens installés à Paris et s’identifiant comme gays, décrivent ce genre de harcèlements et de discriminations qu’ils ont subis dans leur département d’origine.

Une dizaine d’années plus tôt, dans le cadre de mes recherches anthropologiques sur les milieux gais antillais, j’avais documenté ces violences bien réelles. Néanmoins, dans le reportage d’outre-mer la première cité plus haut, l’homophobie est présentée comme une tare antillaise. Considérer ainsi les violences contre les homosexuel·le·s comme un phénomène situé à la marge de l’Occident relève d’une forme de racisme. Comment critiquer ce racisme tout en prenant en compte la situation compliquée des Antillais·es qui s’identifient comme lesbiennes, gais, bisexuel·le·s ou transgenre (LGBTQ+) ?

L’homosexualité : une invention européenne ?

Historiens et anthropologues montrent que les humains ont toujours eu des relations homosexuelles. Les manières dont nous interprétons ces relations varient d’une époque et d’une culture à l’autre. Notre conception actuelle de l’homosexualité (attirance pour une personne du même sexe) et les modes de vie gais et lesbiens sont apparus dans les villes occidentales dans la deuxième moitié du XIXᵉ siècle

Pour échapper à la répression, homosexuel·le·s et transgenres créent des réseaux et fondent des mouvements militants. Ainsi définie, l’homosexualité se normalise graduellement au XXe siècle, surtout à partir des années 1970, en Occident et se diffuse au-delà. Cette évolution profite davantage aux gais blancs urbains issus des classes supérieures qu’aux lesbiennes, aux transgenres, aux classes populaires et aux minorités ethno-raciales. Aux marges de l’Occident, des références occidentales sont utilisées pour penser la situation des minorités sexuelles, sans prendre en compte les manières locales de penser les rapports homosexuels.

Domination du modèle LGBTQ+ occidental

En dépeignant les Antilles comme foncièrement homophobes, la presse et certains mouvements militants LGBTQ+ consolident des préjugés qui opposent d’anciennes colonies, moralement et culturellement arriérées, à leur métropole qui incarnerait un modèle de tolérance. Aux Antilles, il est aussi possible de vivre une sociabilité et des relations homosexuelles épanouies. De plus, l’homophobie, légitimée par le machisme et la religion, est loin d’être propre aux Antillais. Compte tenu de la violence verbale et physique qu’elles et ils subissent, des Antillais·es s’identifiant comme LGBTQ+ intègrent cette vision binaire et condamnent eux-mêmes sévèrement leurs sociétés d’origine.

Ils et elles intègrent à leur manière les codes de subcultures militantes LGBTQ+ dominantes pour se construire individuellement, socialiser ou devenir activistes. La France hexagonale et surtout Paris apparaissent comme des havres de tolérance. Il existe toutefois des conceptions créoles de l’homosexualité et de la transgression du genre. Depuis la fin du XIXe siècle, des « hommes habillés en dames » sont nommés « Ma Commère » (makonmè en créole).

Les expressions « fè makonmè » et « fè zanmi » désignent encore respectivement les relations homosexuelles masculines et féminines. Cela ne va néanmoins pas de pair avec une tolérance généralisée.

Répression et homophobie

Aux Antilles, si les opinions varient d’un milieu et d’un individu à l’autre, il est indéniable que les normes de parenté, les valeurs morales et dogmes religieux dominants vont dans le sens d’une condamnation de l’homosexualité.

En même temps qu’elle reconnaît et nomme les pratiques homosexuelles et le transvestisme, la langue créole les stigmatise : employé seul, « makonmè » est une insulte violente équivalente à « pédé ».

Ces catégories locales peuvent donc difficilement être saisies telles quelles comme outil d’émancipation. Les Antillais·es ne sont, en plus, généralement pas conscient·e·s de la coexistence d’un système de références créole et d’un autre européen, dominant, d’origine plus récente.

Les discours homophobes antillais opposent « un mode de vie antillais », garant d’un ordre social et moral, à une modernité décadente imposée par la France hexagonale. La condamnation de l’homosexualité repose donc en partie sur la croyance en une incompatibilité culturelle (ou sur des discours affirmant une telle croyance), ce qui accentue la marginalisation des minorités sexuelles antillaises.

Ainsi visées, ces dernières condamnent en réaction ce qu’elles perçoivent comme une homophobie anachronique, propre à leur culture. Des logiques homophobes présentes dans bien d’autres contextes socioculturels s’articulent à ces rapports sociaux complexes qui semblent les exacerber.

Vers une définition antillaise de l’homosexualité ?

Malgré la domination de représentations occidentales, les conceptions antillaises des rapports homosexuels et des personnes transgenres n’ont pas été éradiquées. Conceptions créoles et populaires, d’une part, et occidentales et dominantes, de l’autre, se sont mêlées.

La définition de l’homosexualité doit donc être élargie. L’enjeu est d’enrichir le langage et les références et de les rendre accessibles aux minorités sexuelles des Antilles. Elles pourront alors inventer autant de formes d’émancipation qu’elles jugeront nécessaire de s’approprier et de combiner, sans avoir à choisir entre ancrage culturel et pratiques ou désir homosexuels. Cela vaut aussi pour d’autres sociétés postcoloniales et permet de dépasser une distinction Nord/Sud binaire et manichéenne.

En contextes occidentaux, le modèle LGBTQ+ s’est également imposé graduellement en assimilant des représentations beaucoup plus anciennes du genre et de la sexualité.

En dépit de nombreux faits divers soulignant la prégnance d’une certaine homophobie dans les sociétés antillaises comme récemment le meurtre d’un homosexuel en Guadeloupe certaines associations initialement basées à Paris cherchent à la combattre aux Antilles. Ainsi, Tjenbé Red (Fédération total respect) a récemment condamné les propos homophobes prononcés par le député Olivier Serva en 2012, lors du débat sur l’ouverture de mariage aux couples homosexuels. Celui-ci s’est depuis impliqué dans la lutte contre l’homophobie outre-mer. Autre signe de changement, une ligne d’écoute devrait bientôt être disponible pour les victimes de violence homophobe.

Ary Gordien, Anthropologue, chargé de recherches au CNRS, LARCA, Université de Paris, Université de Paris

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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LGBTQ

L’application Tinder ajoute une alerte pour les personnes LGBTQ voyageant vers des pays hostiles

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Brian Kyed / Unsplash

Tinder est une application formidable pour des rencontres amoureuses, des « plans cul » ou juste des rencontres conviviales. Mais lorsqu’une personne se déplace vers un nouvel horizon, utiliser l’application dans un pays étranger peut être risqué, en particulier pour les personnes LGBTQ.

Malheureusement, tellement de pays discriminent encore les gens en fonction de leur sexualité. Quelqu’un qui ignore les lois peut tenter de rencontrer une personne via l’application et se retrouver pénalisé, emprisonné ou même tué.

Pour protéger les voyageurs LGBTQ qui utilisent l’application, Tinder va commencer à lancer des alertes de voyage pour ses utilisateurs qui se trouvent dans des pays qui ne sont pas favorables aux communautés LGTBQ.

« En fonction de votre situation géographique, il semble que vous vous trouviez dans un lieu où la communauté LGBTQ pourrait être pénalisée », indique l’alerte, selon Fast Company. « Nous voulons que vous vous amusiez, mais votre sécurité est notre priorité numéro un. Veuillez procéder avec prudence et faire très attention lorsque vous faites de nouveaux matches et que vous rencontrez des personnes que vous ne connaissez pas. »

L’application a identifié 70 pays jugés risqués par l’Association internationale des lesbiennes, gays, bisexuels, trans et intersexuels. Pour les utilisateurs qui se rendent en Jamaïque, au Brunei ou dans l’un des neuf pays où l’homosexualité est punissable par la mort, l’alerte apparaît sur le téléphone.

L’utilisateur a ensuite la possibilité de rester caché lorsqu’il se trouve dans un lieu dangereux ou de rester public. Même si l’utilisateur choisit de rester sur l’application, son orientation sexuelle ou son identité de genre seront masquées jusqu’à ce qu’il quitte l’endroit.

Les utilisateurs peuvent s’attendre à ce que la fonctionnalité soit bientôt disponible sur iOS et Android.

Même s’il est extrêmement regrettable que ces mesures doivent être mises en place, c’est une bonne option pour les voyageurs qui cherchent à faire des rencontres avec l’application et qui souhaitent rester en sécurité.

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