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Rachel Dolezal s’identifie toujours comme «noire» et aura son propre docu sur Netflix ce mois

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C’est une histoire qu’on aurait pu introduire ainsi: « Née dans un corps de femme blanche, elle s’identifie pourtant en tant que femme noire. Rachel Dolezal va devoir apprendre à se construire et à décliner son identité dans un société où les couleurs existent au même titre que le « privilège blanc », le racisme et le « blackface ». Comment va-t-elle apprendre à gérer les situations de crise, qu’elles soient identitaires ou en communication? Aujourd’hui, pour vous, elle se livre. » 

Vous l’aviez certainement oubliée depuis le temps mais pas nous!

Souvenez-vous, il y a quelques années – trois ans, pour être précis, en 2015 –  Rachel Dolezal, figure locale de la lutte pour les droits des Noirs à Spokane (dans l’Etat de Washington), se retrouve au coeur d’une polémique et est contrainte de démissionner de son poste à la direction la NAACP — la grande organisation pour les droits des Noirs vieille de 106 ans. La raison? Ses propres parents, blancs tous les deux, ont révélé la supercherie: Rachel Dolezal n’est pas noire (ou métisse) comme elle le prétend depuis toutes ces années mais 100% caucasienne.

Pour entretenir la mascarade, la « militante » n’hésitait pas à avoir recours à différents artifices ou du moins, selon ses propres dires à « [ne pas éviter] le soleil ».  L’affaire « Dolezal » fait débat: peut-on blâmer une personne qui a « renoncé » à son « privilège blanc » pour vivre les oppressions dans la peau d’un·e noir·e et les combattre? Pour de nombreuses personnes de la communauté noire américaine qui se sont senties blessées, oui. Les animateurs·trices afro-américain·e·s en particuliers qualifient son geste de blackface (hum) et la rendent coupable des pires extrêmes de l’appropriation culturelle.

Elle est traitée de «mentalement atteinte» et accusée d’avoir exploité des personnes noires en étant dans des positions qui leur appartenaient légitimement [En occupant donc un poste et en bénéficiant de subventions et bénéfices qui auraient pu revenir à une femme noire avec les mêmes compétences – mais véritablement pénalisée dès le départ – par exemple]. Lorsque Rachel Dolezal essaye de citer l’activiste Dick Gregory à l’animatrice de Talk-show noire Loni Love – « Être Blanc, ce n’est pas une race, c’est un état d’esprit » – cette dernière explose: « Non, laissez-moi vous dire une chose. Je suis noire, je ne peux pas être vous, je ne peux pas [inverser] ma couleur de peau. C’est là, la différence » (Pas faux!)

A l’époque, si la NAACP a pris le parti de Dolezal, reconnaissant son implication dans la défense des droits civiques, les sociologues experts sur les questions d’identités raciales se sont en revanche montrés peu amènes à son sujet.

Pour Matthew Hughey, de l’University of Connecticut, ce travestissement « l’a dédouanée de sa responsabilité de femme blanche à se battre pour l’égalité« .  Quant à Charles Gallagher, du département de sociologie à La Salle University (Pennsylvanie), il estime que cette histoire est « une diversion au simple fait que l’Amérique reste un pays où le privilège blanc et le racisme sont la norme« . Plonger à ce point dans une identité noire « sape l’excellent travail qu’elle a fait » pour la cause noire, ajoute G. Reginald Daniel, lui même noir, de l’Université de Californie, soulignant que « cette posture d’imitation et d’appropriation [ait] fini par être irrespectueuse« .

Poussée dans ses retranchements, Rachel Dolezal pose pour la première fois la question du « transracialisme » et engage la conversation sur les questions identitaires liées à la race avec notamment ce (non-)concept(?) nouveau.

Mais qu’est donc devenue Dolezal depuis? Nous avons tenté de retracer son actualité récente. On vous la fait en mode puces:

  • Février 2017 – Rachel Dolezal confie au journal The Guardian être fauchée et avoir beaucoup de difficultés à subvenir aux besoins de ses deux fils. Malgré une centaine de candidatures, elle a du mal à décrocher un nouvel emploi et est contrainte à manger grâce à des tickets restaurants. Le seuls jobs qui lui auraient été offerts seraient dans la télé-réalité et dans le divertissement pour adulte. Une situation regrettable, qu’on ne souhaite pourtant à personne, surtout pour ses fils.
  • Entre 2016 et 2017 – Elle fait officiellement changer son nom sur son acte civil. Rachel Dolezal n’est plus. Dites bonjour à Nkechi Amare Diallo. Nkechi est l’abréviation de Nkechinyere, qui veut dire en Igbo du Nigeria «don de Dieu». Hotep ma soeur! Wakanda for…Wait!
  • Mars 2017 – Après avoir essuyé des refus de la part d’une trentaine de maisons d’édition, elle publie finalement un bouquin intitulé « In Full Colour » dans lequel elle décrit son parcours, d’une enfant née de parents évangéliques blancs à  «une présidente de la NAACP et une éducatrice et activiste respectée qui s’est identifiée comme étant noire».

‘Certains le liront comme le premier brouillon d’une nouvelle version de la politique identitaire, qui place la race – tout comme le genre – sur un spectre, et son auteur comme le premier cas trans-noir(*) au monde.’ Rachel D.

(*) Ne pas confondre avec une personne transgenre noire

  • Janvier 2018 – Alors que l’enseigne H&M est au cœur d’une polémique à caractère raciste, notre amie Rachel croit bon de récupérer le « H&M gate » à son profit personnel. Elle commercialise en effet un sweatshirt estampillé ‘Coolest Prince in the Hood’ pour protester contre H&M. Seul bémol: tous les bénéfices sont sensés aller dans sa poche. Encore une occasion manquée de se racheter une conduite auprès de la communauté noire qui ne la loupe pas. 
  • Avril 2018Netflix annonce la sortie ce 27 avril de « The Rachel Divide », un documentaire réalisé par la cinéaste Laura Brownson qui a essayé de capturer les répercussions et les séquelles des actions de Rachel Dolezal. Dans un extrait malaisant servant de bande-annonce, on y voit, Franklin, le fils de Rachel, lui demander d’arrêter de chercher à attirer l’attention.

«Plus j’en entends parler et plus j’en parle, plus ça m’affecte», dit-il. 


Netflix qui a été critiqué pour avoir dépensé de l’argent pour promouvoir quelqu’un qui est «frauduleux et problématique» se défend d’avoir versé un sous à Rachel pour ce film. Ce que la concernée confirme sur sa page Facebook.

Rendez-vous le 27 avril sur la plateforme Netflix. 

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Si les noirs parlaient comme les Blancs, Best Of en 2019

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2016, une étudiante a la brillante idée de lancer le hashtag “Si les noirs parlaient comme les blancs” (#SiLesNoirsParlaientCommeLesBlancs) pour inverser les stéréotypes et remarques déplacées découlant parfois du racisme ordinaire. Très vite le Black Twitter s’est pris au jeu et s’est lâché. En très peu de temps, le hashtag est devenu populaire et a été relayé dans la presse. Il reste – pour nous – à ce jour indétrônable.

En 2018, Nous avions décidé de revenir dessus avec une sélection des tweets #SiLesNoirsParlaientCommeLesBlancs qui ont le plus buzzé. Cette année, le hashtag est revenu sur les devants de la scène, offrant comme d’habitude des pépites. Sélection!

D’ailleurs, Follow-nous pour être tenu au courant et être connecté·e à la Youth Culture Afro en temps réel

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La réponse parfaite de Disney aux « pauvres âmes malheureuses » qui ne veulent pas d’une Ariel noire

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Le 3 juillet, après des mois de spéculation et d’anticipation de la part du public, Disney a dévoilé que c’était Halle Bailey, chanteuse de Chloé x Halle, qui allait interpréter le rôle d’Ariel dans la prochaine adaptation ciné de La Petite Sirène. Cette annonce a suscité beaucoup d’enthousiasme chez celles et ceux qui étaient heureux de voir une actrice noire jouer le rôle emblématique de Disney. Malheureusement, bon nombre de trolls ont également affirmé qu’Ariel ne devrait pas être noire. Il ne fallut pas longtemps avant que d’autres défendent Bailey, notamment la chaîne de télévision Freeform, appartenant à Disney (la société Disney, la maison mère, ne s’est pas exprimée).

Dans une publication sur Instagram du 7 juillet, Freeform a écrit une lettre ouverte aux « pauvres, âmes malheureuses » qui s’opposent au casting d’Halle Bailey. La chaîne a repris de manière très propre plusieurs des critiques récurrentes concernant une Ariel noire, notamment le fait que l’auteur du conte de fées original, Hans Christian Andersen, était danois et que les sirènes vivaient trop loin sous la surface de l’océan pour avoir la peau sombre (sérieux ?). La lettre commence par souligner qu’Ariel « pouvait nager à sa guise » avant de préciser que même si Ariel était danoise, ce n’est pas pour cela qu’elle ne pouvait pas être aussi noire.

« Oui. L’auteur original de La Petite Sirène était danois. Et Ariel… est une sirène. Elle vit dans un royaume sous-marin dans les eaux internationales et peut nager où bon lui semble (même si ça fait souvent enrager le Roi Triton) », peut-on lire. « Mais de façon purement hypothétique, disons qu’Ariel est également danoise. Les sirènes danoises peuvent être noires, comme les Danois peuvent être noirs. Ariel peut se glisser à la surface quand bon lui semble avec ses amis Eurêka et le crabe jamaïcain Sébastien (désolé, Polochon !) et entretenir son bronzage. Les noirs danois, et les sirènes, peuvent aussi être génétiquement roux. »

Avant de conclure :

« Mais attention, spoiler alert, Ariel est un personnage de fiction. Donc, après toute cette discussion, le fait que vous ne puissiez vous faire à l’idée que l’incroyable, la sensationnelle, la très talentueuse, la sublime Halle Bailey est autre chose qu’un choix INSPIRÉ parce qu’elle « ne ressemble pas au dessin animé » en dit long sur vous. »

Nous n’aurions pas pu mieux dire nous-mêmes. Avec tous les personnages blancs à la télévision et dans les films, il est temps que nous ayons plus de représentation. Ici, nous sommes impatient·e·s de voir Halle Bailey jouer le rôle de cette princesse classique de Disney.

 

Voir cette publication sur Instagram

 

An open letter to the Poor, Unfortunate Souls: ______ #TheLittleMermaid #Ariel #MyAriel

Une publication partagée par Freeform (@freeform) le 6 Juil. 2019 à 6 :16 PDT

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Ecrans noirs

Bye girl ! Twitter suspend le compte d’une twittos après sa série de tweets racistes sur Halle Bailey

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L’annonce a fait beaucoup de bruit : Halle Bailey, actrice de 19 ans et chanteuse dans le groupe de R&B Chloe x Halle, a été choisie ce jeudi par les studios Disney pour incarner Ariel dans le remake en prises de vues réelles de La Petite Sirène. De nombreuses personnes ont accueilli la nouvelle avec joie, mais, bien sûr, la nouvelle a également suscité beaucoup de réactions mitigées, voire de colère.  Une twittos en particulier, qui tenait le compte @woo_ahhh a tenu à exprimer son mécontentement en se filmant jeter à la poubelle le DVD de « La petite sirène ».

« Nous, filles blanches, qui avons grandi avec La Petite Sirène, méritions une Ariel fidèle à sa couleur », a-t-elle écrit. « Disney, vous avez commis une grave erreur en engageant Halle Bailey. Cela va dans la poubelle. »

Le tweet a immédiatement récolté plus de 8 000 « j’aime » et généré près de 19 000 réponses. De nombreux twittos lui sont notamment tombés dessus, soulignant l’absurdité de son raisonnement avant que la plateforme Twitter elle-même n’intervienne. « Ah oui, parce que moi, une fille noire, je n’aurais pas pu grandir avec La Petite Sirène », a écrit une sista. Alors que certains twittos étaient occupés à comprendre la logique agressive de @woo_ahhh, d’autres ont souligné à quel point une conversation sur une représentation « exacte » de la sirène est stupide. « Elle est une sirène Becky », a écrit un twittos. « Elles n’existent pas vraiment, contrairement à ton racisme. »

En réponse à la vague de réactions suscitées par son tweet, @woo_ahhh s’est défendue dans plusieurs tweets. Après avoir partagé des captures d’écran de plusieurs messages directs à l’appui de sa déclaration, elle a tweeté à plusieurs reprises qu’elle n’était pas, comme sa réaction initiale l’impliquerait, raciste (ces tweets ont depuis disparu).

Elle s’est également plainte que Bailey – que, vous vous en souvenez, elle a appelée une « erreur » de Disney – l’ait bloquée sur Twitter à la suite de ses commentaires. “@Disney, j’ai grandi avec vous pendant si longtemps, et pour la future actrice d’Ariel dans VOTRE prochain film, La petite sirène, le fait de me bloquer est si juvénile et SI peu professionnel. Halle Bailey n’a aucune classe. Les mots me manquent. »

Depuis lors, ses tweets ont été supprimés et son compte suspendu.

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